Brito de Bretagne en Flandres par
Jean-François Gautier
pour Kistinenn
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La
vie et l'œuvre de Jan Brito
Étude de Jean-François Gautier
pour Kistinenn (1985)
Reconstituer la vie d'un homme cinq-cents ans
après sa mort n'est pas tâche aisée. Surtout si cette personne a vécu en
plusieurs endroits, sous différentes identités, et si les affirmations les plus
contradictoires ont été écrites sur son compte.
C'est le cas pour Jan Brito. Certains l'ont
fait naître à Bruges, d'autres en Bretagne. On a prouvé qu'il était
l'inventeur de l'imprimerie. On a démontré qu'il n'avait jamais imprimé... Brito
serait-il un mythe ?
Les premiers typographes n'éprouvaient pas toujours le besoin de dater et signer leurs ouvrages. Jan Brito n'en a signé que deux, en
latin, dans six vers qui alimentèrent une vive polémique durant plusieurs
siècles.
Le colophon est commun à deux ouvrages de Brito :
- Ecloga Theoduli
- Instruction et doctrine de tous chrétiens et chrétiennes, de Jean Gerson. Le titre est trop long, alors on dit Doctrinal.
La quatrième ligne de ce texte,
Imprimit hec civis Brugensis Brito Johanes,
signifie :
C'est le bourgeois de Bruges Brito Johanes qui a
imprimé ce livre.
Le nom latin que se donne l'imprimeur – Brito Johanes –
n'est que la traduction du nom français Jean Le Breton et du nom
flamand Jan Bortoen.
Ces trois noms, attestés dans les documents de l'époque, ont la même
signification :
Breton, né en Bretagne.
En fait, ils désignent un seul personnage. Ou, plus
exactement, ils sont le même surnom, en trois langues, d'une seule
personne, réellement originaire de Bretagne : Jan Brulelou.
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